LES FLEURS ET LEURS SYMBOLES
Dans toutes les légendes, les plus anciennes, les fleurs ont un sens secret. Les Grecs, en particulier, ont donné à la naissance de chacune de fleurs une explication symbolique, liée le plus souvent  à des histoires d’amour entre héros ou dieux de l’Olympe.
Autrefois, les « bouquets de dame » remplaçaient une lette, ou un billet d’amour. A la dame qui recevait une rose rouge entourée de myosotis et de citronnelle,
Ce gay bouquet qu'icy je vous présente,
Est fait de fleurs, que la terre plaisante
Fait de son sein les premières sortir
Quand le Printemps la daigne revestir...
Le bouquet est tout semé de pensées,
J'en porte au cœur un millier amassées.
Pierre de Ronsard


L’Œillet
Ces six œillets mêlés en cette guise
Vous sont par moi ce matin envoyés,
Pour vous montrer, par ceux de couleur grise,
Que j’ai du mal plus que vous n’en croyez ;
Vous suppliant que vous y pourvoyiez […]
D’un bouquet, MELIN DE SAINT-GELAIS 1491-1558

La rose
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las, ses beautés laissé choir
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté ! Pierre de Ronsard

Le coquelicot




La tulipe
Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande
Et telle est ma beauté que l'avare Flamand
Paye un de mes oignons plus cher qu'un diamant,
Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.
Mon air est féodal, et, comme une Yolande
Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,
Je porte des blasons peints sur mon vêtement
Gueules fascé d'argent, or avec pourpre en bande
Le jardinier divin a filé de ses doigts
Les rayons du soleil et la pourpre des rois
Pour me faire une robe à trame douce et fine.
Nulle fleur du jardin n'égale ma splendeur,
Mais la nature, hélas ! n'a pas versé d'odeur
Dans mon calice fait comme un vase de Chine.
T
héophile GAUTIER 1811-1872

Page précédente - Page suivante

Contact : Association de la Fête de la Sainte Fleur